Scène réaliste d’une personne dans la rue consultant son smartphone avec des flux de données symboliques représentant les risques pour la vie privée.

Dangers des réseaux sociaux : comment protéger ses données et sa vie privée

Profils piratés, numéros de téléphone exposés, dossiers de navigation recoupés en silence… Les réseaux sociaux se sont imposés dans le quotidien de 51,5 millions de personnes en France, mais la protection des données personnelles n’a pas suivi le même rythme. Entre fuites massives, exploitation commerciale et traçage comportemental, chaque clic laisse une empreinte précise et durable.

Les récentes violations, comme la brèche API ayant exposé les informations de 17,5 millions de comptes Instagram, illustrent une réalité bien plus vaste : vos photos, vos liens, vos habitudes et même vos réactions silencieuses alimentent des systèmes d’analyse toujours plus sophistiqués. Comprendre ces mécanismes ouvre la voie à une gestion plus fine de sa vie privée en ligne.

Points clés Synthèse
Risques majeurs Exposition des données personnelles, usurpation d’identité, traçage des activités et diffusion non voulue d’informations.
Pratiques à éviter Partager trop d’informations, utiliser les mêmes mots de passe, accepter des inconnus ou cliquer sur des liens douteux.
Bonnes protections Activer la double authentification, limiter les permissions des applications et ajuster les paramètres de confidentialité. 🔐
Réflexes utiles Vérifier la source des contenus, contrôler régulièrement ce qui est visible publiquement et supprimer les données inutiles.

Principaux risques lies a l utilisation des reseaux sociaux (% d utilisateurs concernes)

Mesures de protection reellement adoptees par les utilisateurs

Sources croisees : rapports CNIL 2023, Eurobarometre 2024, Norton Cyber Safety Insights 2024.

Dangers des réseaux sociaux : comprendre les enjeux de la vie privée en ligne

Les réseaux sociaux ne servent plus uniquement à échanger des messages ou partager des photos. Ils fonctionnent comme de véritables infrastructures d’observation, capables d’analyser comportements, préférences et relations sociales à grande échelle. Avec 77,2 % de la population française active sur ces plateformes et en moyenne 6,75 réseaux utilisés par adulte chaque mois, l’exposition des données personnelles atteint un niveau inédit.

Cette exposition ne se limite pas à ce que l’utilisateur publie volontairement. Les plateformes collectent et corrèlent : temps passé, interactions silencieuses, réseaux de contacts, terminaux utilisés, adresses IP, lieux fréquents. Ces signaux nourrissent des modèles prédictifs puissants, utilisés pour la publicité ciblée, la recommandation de contenus ou l’optimisation des algorithmes de classement.

Pour situer ces enjeux dans un cadre plus global, une lecture complémentaire de la définition et du fonctionnement des réseaux sociaux reste utile. Cela permet de mieux relier architecture technique, modèle économique et risques concrets pour la vie privée.

« Sur les réseaux sociaux, le produit n’est pas seulement le contenu. Une grande partie de la valeur provient de la granularité des données comportementales collectées sur chaque utilisateur. »

Panorama des principaux risques pour les données et la vie privée

Les dangers liés aux réseaux sociaux ne relèvent plus seulement de la gêne ou de l’atteinte à la réputation. Ils englobent fraudes, usurpation d’identité, profilage commercial poussé, exposition à des attaques de phishing ainsi qu’une surveillance continue de l’activité en ligne. Les risques se combinent souvent, ce qui renforce leurs effets.

Le tableau suivant regroupe les catégories de risques majeurs et leurs impacts concrets sur les utilisateurs :

Type de risqueExemples concretsConséquences possibles
Violation de données massivesFuite de profils, adresses e-mail, numéros de téléphoneCiblage par phishing, tentatives de prise de contrôle de comptes
Collecte et profilage commercialHistorique d’interactions, centres d’intérêt, navigation croiséePublicité hyper-ciblée, revente de segments d’audience
Usurpation d’identitéCréation de faux profils, réutilisation de photos et infos biographiquesArnaques financières, atteinte à la réputation, litiges
Surveillance comportementaleTraçage des heures de connexion, appareils, localisation approximativeProfilage fin, inférence d’habitudes et de niveau de vie
Hameçonnage (phishing)Messages de réinitialisation de mot de passe, faux supports clientsPerte d’accès aux comptes, vol d’identifiants sensibles
Exposition de vie privéePhotos de domicile, enfants, déplacements, routinesRisque de harcèlement, cambriolage, ciblage malveillant

Violations massives de données : le cas des 17,5 millions de comptes Instagram

Les chiffres globaux rappellent l’ampleur du phénomène : plus de 4 100 violations de données publiques recensées en 2026, pour un total estimé de 22 milliards de données compromises. Dans ce paysage, l’incident lié à Instagram apporte un exemple concret de ce qu’implique une brèche à grande échelle.

Une vulnérabilité d’API datant de 2024 a permis l’exposition d’informations relatives à environ 17,5 millions de comptes : noms d’utilisateur, noms complets, adresses e-mail, numéros de téléphone et adresses physiques partielles. Même si les mots de passe n’étaient pas inclus, ces données suffisent largement pour mener des campagnes de phishing ciblé et des tentatives d’usurpation d’identité.

La fuite a été rendue publique par un acteur se présentant sous le pseudonyme « Solonnik » via la plateforme BreachForums. Peu après, des utilisateurs ont signalé des e-mails inhabituels de réinitialisation de mot de passe, ainsi que des notifications d’accès suspects. Les profils touchés couvraient aussi bien des comptes personnels que des comptes d’influenceurs exposés médiatiquement.

« Je recevais plusieurs mails de réinitialisation Instagram par jour alors que je n’avais rien demandé. J’ai fini par activer la double authentification et supprimer mon numéro public. » — Témoignage d’utilisatrice après une alerte de fuite de données

Phishing, vol d’identifiants et ransomware : un écosystème de menaces

Les réseaux sociaux servent de point d’entrée privilégié pour le phishing et le vol d’identifiants. Les statistiques de sécurité indiquent que 73 % des incidents observés impliquent directement des tentatives de hameçonnage ou des vols d’identifiants. Dès qu’une adresse e-mail ou un numéro de téléphone circule dans une base piratée, l’utilisateur devient une cible potentielle.

Ces identifiants circulent ensuite dans des écosystèmes criminels où ils sont agrégés, recoupés et revendus. On estime à 16 milliards le volume d’identifiants et de mots de passe disponibles en ligne, accessibles via différents marchés souterrains. Les réseaux sociaux fournissent une couche supplémentaire : ils offrent un contexte social et une crédibilité aux messages frauduleux envoyés depuis ou vers les comptes piratés.

Les organisations ne sont pas épargnées : 63 % indiquent un impact lié à des ransomwares, souvent déclenchés par des campagnes de phishing initialement distribuées via messages privés ou e-mails imitant des notifications sociales. Un seul compte compromis dans une équipe marketing peut servir de pied-à-terre pour viser d’autres systèmes de l’entreprise.

Comment les réseaux sociaux collectent et exploitent vos données

Pour comprendre comment protéger sa vie privée, il faut analyser les mécanismes de collecte et de traitement de l’information sociale. Les grandes plateformes fonctionnent comme des dispositifs de social listening à grande échelle, capables de capter en continu l’ensemble des signaux générés par des centaines de millions de profils.

En parallèle, des prestataires spécialisés agrègent et revendent ces informations sous forme de jeux de données structurés, prêts à être intégrés dans des outils de marketing, d’analyse de réputation ou de veille concurrentielle. L’internaute se retrouve ainsi au cœur d’une chaîne de valeur centrée sur la donnée.

Collecte, API et web scraping : des flux de données massifs

Les réseaux sociaux mettent à disposition des interfaces de programmation (API) pour permettre aux partenaires, développeurs et annonceurs d’accéder aux contenus, aux statistiques et aux métadonnées des comptes dans un cadre contrôlé. Lorsque ces API sont mal sécurisées ou exploitées de manière abusive, elles deviennent des vecteurs de fuite de données, comme l’illustre la brèche Instagram liée à une vulnérabilité d’API.

En parallèle, de nombreux acteurs utilisent des outils de web scraping spécialisés pour extraire en continu des données publiques : descriptions de profils, commentaires, hashtags, liens, réactions. Ces technologies fournissent des données structurées, nettoyées et prêtes à l’usage, livrées sous différentes formes :

  • Jeux de données complets, couvrant une plateforme ou un secteur.
  • Sous-ensembles filtrés par thématique, pays, langue ou hashtag.
  • Jeux de données différentiels, ne contenant que les nouvelles publications.
  • Jeux fusionnés ou enrichis, combinant plusieurs sources sociales et web.

Les entreprises accèdent à ces données via des achats ponctuels ou des abonnements trimestriels ou annuels. Même si des procédures de nettoyage suppriment doublons et fichiers corrompus, les informations restent suffisamment précises pour tracer les parcours d’audience, repérer les leaders d’opinion et affiner des profils marketing détaillés.

Conseil pratique : limiter la visibilité de son profil public et contrôler finement la liste des abonnés réduit significativement la quantité de données exploitables par les scrapers et collecteurs externes. Les réglages de confidentialité avancés jouent un rôle décisif à ce niveau.

Outils de social listening : quand chaque mention devient un signal

Les marques, agences et départements de communication s’appuient sur des plateformes de social listening comme Onclusive Social, Facelift ou Clarabridge. Ces solutions scrutent en continu le web et les réseaux pour capturer les mentions qui correspondent à des critères précis : nom de marque, produits, hashtags, expressions sectorielles ou même surnoms courants.

Les fonctionnalités vont généralement au-delà de la simple collecte brute :

  • Qualification automatique du ton des messages (positif, négatif, neutre).
  • Analyse approfondie des thèmes dominants dans les conversations.
  • Catégorisation automatique par type de source, canal ou territoire.
  • Visualisation avancée des tendances, pics de discussions et réseaux d’influence.

Ces systèmes transforment chaque publication publique en signal exploitable. L’effet cumulatif sur la vie privée est souvent sous-estimé : même sans publier d’éléments très sensibles, la répétition d’informations anodines (horaires, lieux favoris, habitudes de consommation) devient une matière première de profilage.

Pour mieux cerner ces mécanismes et les usages marketing associés, un détour par un article plus global sur les avantages et inconvénients des réseaux sociaux permet de mettre en balance visibilité, notoriété et exposition de données.

Comportements numériques et exposition des données personnelles

Les données de comportement jouent un rôle crucial dans l’évaluation des risques. En France, 63,4 millions de personnes sont connectées à Internet, soit 95,2 % de la population. La moyenne de temps passé en ligne atteint 27 heures par semaine, avec un usage massif des réseaux sociaux dans ce volume.

Les plateformes les plus utilisées en France montrent une pénétration élevée : Facebook (70,2 %), WhatsApp (66,1 %), Instagram (55,4 %), Messenger (51,3 %) et YouTube (45,5 %). À cela s’ajoute l’essor de TikTok, Snapchat et des outils conversationnels avancés comme ChatGPT, qui se place déjà au 6e rang des sites les plus visités, avec un usage mensuel par environ un Français sur quatre.

Temps passé par plateforme : un indicateur de surface d’attaque

Le temps quotidien investi sur chaque réseau reflète la surface d’exposition potentielle : plus l’utilisateur interagit, plus il laisse de traces exploitables. Les moyennes observées sont significatives :

  • TikTok : 93 minutes par jour.
  • YouTube : 76 minutes par jour.
  • Instagram : 74 minutes par jour.

À ces usages s’ajoutent les messageries privées, les forums, les commentaires sur des sites de médias, qui multiplient les contextes dans lesquels une même personne fournit des indices sur son identité, ses convictions, ses liens familiaux ou professionnels. Le nombre moyen de plateformes utilisées par un adulte atteint 6,75 par mois, ce qui complexifie considérablement la gestion de la confidentialité.

Point de vigilance : plus la présence en ligne se répartit sur de nombreux comptes, plus la coordination des paramètres de confidentialité devient délicate. Une revue régulière des profils inactifs ou redondants réduit l’empreinte globale et limite les points d’entrée pour d’éventuelles attaques.

Engagement visible, engagement invisible et collecte silencieuse

Les indicateurs classiques de succès sur les réseaux reposaient historiquement sur les likes et les commentaires. Désormais, les plateformes accordent une place plus grande aux signaux dits « profonds » comme les partages et surtout les enregistrements de publications. Ces actions reflètent un engagement fort et servent à nourrir les algorithmes de recommandation.

Parallèlement, la part de « consommation passive » progresse : une proportion croissante d’utilisateurs consulte les contenus sans commenter ni publier eux-mêmes. La création de contenu comme raison d’utilisation a reculé de 2 points sur un an et de 5 points sur cinq ans pour atteindre 11,7 %. Cette discrétion apparente ne signifie pas absence de collecte : les plateformes analysent malgré tout le temps d’arrêt sur chaque publication, les défilements, les répétitions de visionnage ou les ouvertures de profil.

Ces données constituent un engagement invisible, mais particulièrement précieux pour affiner les profils. L’utilisateur pense être discret, alors que ses habitudes de consultation nourrissent des modèles prédictifs utilisés pour le ciblage publicitaire, la personnalisation des fils de contenus et la segmentation marketing.

Intelligence artificielle, contenus générés et nouveaux enjeux de confidentialité

L’essor de l’intelligence artificielle appliquée au marketing et à la communication modifie la nature même des données exploitées. Les contenus ne sont plus seulement produits par des humains, mais aussi par des systèmes génératifs qui apprennent en observant les comportements, les réactions et les formats qui fonctionnent sur chaque réseau.

Les professionnels du marketing se montrent massivement utilisateurs de ces outils : 93 % déclarent recourir à l’IA pour gagner en efficacité, produire plus vite et analyser les tendances sociales. Les usages les plus fréquents concernent la génération de premiers jets de publications, la création de variations de contenu, le repérage de topics émergents et l’automatisation de tâches répétitives (réponses types, classification de messages, scoring de leads).

Contenus IA non divulgués et perception des utilisateurs

Une donnée mérite une attention particulière : 52 % des utilisateurs se disent inquiets à l’idée de consommer des contenus générés par IA sans que cela soit précisé. Cette inquiétude reflète deux dimensions :

  • La difficulté à distinguer contenu spontané et contenu optimisé pour maximiser l’engagement, voire la polémique.
  • La crainte que leurs propres réactions (like, partage, commentaire, temps passé) servent à entraîner davantage ces systèmes sans consentement explicite.

Chaque interaction avec ces contenus contribue pourtant à enrichir les modèles : les algorithmes enregistrent ce qui retient l’attention, ce qui provoque une réaction, ce qui favorise une conversion. La donnée comportementale devient un matériau d’entraînement, intégré dans des boucles d’optimisation continues.

Conseil avancé : surveiller les paramètres de personnalisation publicitaire et de recommandation de contenus permet de limiter la réutilisation de ses données pour des scénarios d’optimisation algorithmique. Certaines plateformes autorisent la désactivation partielle du suivi pour la publicité comportementale.

Conséquences concrètes sur la vie privée et les libertés individuelles

Au-delà des aspects techniques, les risques liés aux réseaux sociaux touchent directement la vie quotidienne. Les données peuvent nuire à la réputation, influer sur l’accès à certains services, renforcer des discriminations ou exposer à des pressions économiques et sociales ciblées.

L’association de différents types d’informations (photos, posts anciens, likes politiques, habitudes de consommation, horaires récurrents de connexion) autorise des inférences parfois très précises : situation familiale, fragilités économiques, état de santé présumé, orientation politique ou religieuse. Certaines de ces catégories relèvent de données dites sensibles, encadrées par le droit européen, mais restent inférées indirectement par corrélation.

Usurpation d’identité et harcèlement ciblé

La réutilisation de photos, de données biographiques et d’anciens messages facilite la création de faux profils crédibles. Ces profils servent à approcher des proches, des collègues ou des clients, parfois dans une logique d’arnaque financière, d’extorsion ou de chantage. Les comptes influents subissent également des tentatives de détournement pour profiter de leur audience.

Les informations géographiques approximatives (ville, quartier, lieux habituels) combinées à des photos géolocalisées exposent également à des risques de harcèlement ou de suivi physique. Des indices laissés dans des stories, des posts ou des commentaires suffisent parfois à reconstituer un emploi du temps.

« En recollant des morceaux dispersés sur plusieurs années de publications, on peut tracer des trajectoires de vie très détaillées : déménagements, changements de travail, naissances, ruptures. Ce puzzle biographique intéresse autant les annonceurs que les acteurs malveillants. »

Profilage, publicités ciblées et pression commerciale

Les données sociales alimentent des systèmes de ciblage publicitaire sophistiqués. Les segments ne reposent plus uniquement sur l’âge, le genre ou la localisation, mais sur des signaux subtils : centres d’intérêt croisés, niveau d’engagement, habitudes de visionnage, capacités présumées de dépense. Les réseaux sociaux opèrent alors comme des places de marché où des enchères en temps réel déterminent quelle publicité sera affichée à quel utilisateur spécifique.

Ce profilage peut dériver vers des pratiques sensibles : ciblage de personnes fragilisées financièrement avec des offres de crédit, segmentation par affinités politiques pour diffuser des messages polarisants, ou sélection d’audiences basées sur des proxys d’origine ethnique ou de religion, sans que ces critères soient revendiqués explicitement dans les outils.

Bonnes pratiques pour protéger ses données sur les réseaux sociaux

La protection de la vie privée sur les réseaux sociaux repose sur un ensemble de réflexes techniques, organisationnels et comportementaux. L’objectif n’est pas de disparaître d’Internet, mais de reprendre la main sur ce qui est exposé, partagé, archivé et recoupé.

Le point de départ consiste à cartographier sa présence numérique : lister les plateformes utilisées, les comptes anciens toujours ouverts, les profils publics visibles dans les moteurs de recherche, les applications tierces ayant accès aux comptes. Cette vision d’ensemble permet ensuite d’ajuster les paramètres et de fermer les vecteurs d’exposition inutiles.

Sécurisation technique des comptes

Plusieurs mesures renforcent la résistance aux intrusions, notamment dans un contexte où le phishing et le vol d’identifiants progressent fortement :

  • Activer l’authentification à deux facteurs (2FA) sur chaque réseau, en privilégiant les applications d’authentification plutôt que les SMS.
  • Utiliser un gestionnaire de mots de passe pour générer des identifiants uniques, longs et complexes pour chaque compte.
  • Vérifier régulièrement les connexions actives et les appareils associés, puis déconnecter les sessions inconnues.
  • Révoquer les accès d’applications tierces qui ne sont plus utilisées ou qui semblent peu fiables.
  • Surveiller les e-mails de réinitialisation et traiter tout message inattendu comme un signal d’alerte.
Attention : en cas d’e-mails répétés de réinitialisation non sollicitée, agir rapidement : changement immédiat de mot de passe, activation (ou renforcement) de la 2FA, vérification des adresses e-mail et numéros de téléphone associés au compte, et revue des connexions récentes.

Réglages de confidentialité et maîtrise de la visibilité

La majorité des réseaux sociaux propose des paramètres de confidentialité fins, mais souvent dispersés dans plusieurs sous-menus. Investir quelques minutes pour les parcourir produit un effet direct sur la quantité de données réellement exposées publiquement.

Les axes de réglage les plus structurants incluent :

  • Visibilité du profil : publics, amis uniquement, listes personnalisées.
  • Contrôle des tags : validation manuelle des identifications sur photos et publications.
  • Historique des publications : limitation de la visibilité des anciens posts à un cercle restreint.
  • Paramètres de géolocalisation : désactivation de la localisation systématique, prudence avec les stories en temps réel.
  • Indexation par les moteurs de recherche : possibilité de rendre le profil non indexable sur certains réseaux.

Une attention particulière portée aux paramètres de suggestion de contacts et de synchronisation de carnets d’adresses limite aussi la propagation de l’identité numérique vers des personnes ou organisations non souhaitées.

Hygiène éditoriale : ce que l’on choisit de ne pas publier

Au-delà des réglages, la stratégie de publication constitue un levier puissant de protection. Adopter une hygiène éditoriale stricte revient à décider en amont des types d’informations qui ne seront jamais rendues publiques :

  • Coordonnées personnelles détaillées (adresse, numéro principal, e-mail professionnel sensible).
  • Informations sur les enfants (noms complets, établissements scolaires, trajets habituels).
  • Précisions financières (revenus, dettes, investissements, achats importants récents).
  • Informations de santé, diagnostics, traitements en cours.
  • Documents officiels (pièces d’identité, billets, cartes d’embarquement, badges d’accès).

La règle consiste à considérer toute publication comme potentiellement archivable, réplicable et recontextualisable dans le temps, y compris des années plus tard, dans un contexte professionnel, familial ou judiciaire différent.

Se prémunir des attaques et fraudes liées aux réseaux sociaux

Les escroqueries reposent fréquemment sur un mélange de données sociales, d’ingénierie sociale et de techniques de phishing. La vigilance s’exerce à plusieurs niveaux : reconnaissance des signaux suspects, gestion prudente des interactions, procédures claires en cas de doute.

Cela implique d’adopter une posture d’autodéfense numérique : vérifier systématiquement l’identité des interlocuteurs, recouper les demandes sensibles avec un autre canal, se méfier des urgences fabriquées et des promesses disproportionnées.

Reconnaître les signaux de phishing social

Les messages frauduleux prennent de nombreuses formes : fausses alertes de sécurité, opportunités d’emploi, collaborations commerciales, loteries gagnées, aides financières urgentes. Les signaux à surveiller incluent :

  • Adresses d’expéditeur légèrement modifiées ou suspectes.
  • Fautes de grammaire ou de syntaxe inhabituelles pour un support officiel.
  • Liens raccourcis ou redirigeant vers des sites qui imitent l’interface du réseau social.
  • Demandes de codes de sécurité, mots de passe ou coordonnées bancaires.
  • Pression temporelle (« répondez dans l’heure », « sinon votre compte sera supprimé »).

En cas de doute, accéder au réseau social en ouvrant une nouvelle fenêtre de navigation et en tapant directement l’adresse officielle, plutôt qu’en cliquant sur le lien reçu, limite fortement les risques.

Limiter la surface d’ingénierie sociale

De nombreuses attaques ne nécessitent aucun exploit technique avancé. Elles reposent sur la capacité à convaincre une personne de divulguer elle-même des informations sensibles. Les réseaux sociaux fournissent un terrain fertile pour ces approches : goûts, relations, habitudes, contextes émotionnels sont visibles et exploitables.

Réduire cette surface revient à :

  • Éviter les questionnaires ludiques qui collectent noms, dates, lieux significatifs.
  • Limiter la participation à des jeux concours peu transparents sur la réutilisation des données.
  • Refuser les demandes de contacts provenant de profils incomplets ou récemment créés.
  • Segmenter les audiences (amis proches, collègues, abonnés publics) selon la nature des contenus partagés.
Méthode simple : avant d’accepter une nouvelle demande de connexion, se poser trois questions : « Qui est cette personne ? », « Quel intérêt aurait-elle à suivre mon activité ? », « Que pourrait-elle déduire de mes anciens contenus ? ». Ce filtre réduit sensiblement l’exposition aux profils malveillants.

Articuler usage intensif des réseaux sociaux et cybersécurité

Renforcer la protection de sa vie privée ne signifie pas renoncer à toute présence sociale. Il s’agit plutôt d’inscrire ses usages dans une démarche globale de cybersécurité personnelle : contrôle de l’empreinte numérique, durcissement des accès, surveillance des signaux faibles, mise en cohérence des pratiques sur tous les réseaux utilisés.

Cette approche suppose également de comprendre comment les différents éléments de la vie numérique se recoupent : e-mails, comptes de messagerie, services en ligne, stockage cloud, outils de productivité collaboratifs. Les réseaux sociaux constituent souvent la partie visible d’un ensemble d’identités numériques plus large.

Une ressource détaillée consacrée à la cybersécurité et aux réseaux sociaux aide à structurer cette stratégie d’ensemble : analyse des menaces, bonnes pratiques techniques, gestion des incidents, relations avec les équipes de sécurité au sein des organisations.

Surveiller et ajuster en continu

Les paramètres de confidentialité, les fonctionnalités des plateformes et les tactiques des attaquants évoluent rapidement. Une configuration jugée satisfaisante aujourd’hui ne le restera pas nécessairement dans un an. Mettre en place une routine de vérification périodique offre une protection durable.

Cette routine peut inclure :

  • Une revue trimestrielle des paramètres de confidentialité sur les principales plateformes.
  • La suppression des comptes inactifs ou redondants, ou au minimum la privatisation de leurs contenus.
  • La recherche de son nom dans les moteurs pour repérer d’éventuels profils usurpés ou données inattendues.
  • L’inscription à des services d’alerte de fuite d’identifiants, lorsque cela existe.

La maîtrise de la vie privée sur les réseaux sociaux repose sur une posture active : décider, filtrer, contrôler, réviser. À l’échelle d’une population où plus des trois quarts des personnes sont présentes sur ces plateformes et y consacrent plusieurs heures par jour, ce changement de posture influence directement le niveau global de sécurité numérique.

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